
HISTOIRE GÉNÉRALE DES SÉMAPHORES
1. Les sémaphores :
À ses débuts en 1806, le sémaphore était un poste de guet établi sur le littoral, chargé de surveiller les approches maritimes et permettant de communiquer par signaux optiques avec les navires. Ses missions sont alors d’observer et localiser un événement et de transmettre les données ainsi collectées à une autorité supérieure. En 1861 il devient aussi un transmetteur d’ordre et les instructions pour l’usage des signaux sont réunies dans le Livre des signaux sémaphoriques. En mars 1865, les sémaphores ont la charge de signaler, en hissant un pavillon noir, les sinistres qui viennent de se produire sur la côte. La position sur le mât de pavillon indique l’emplacement du sinistre. La station de sauvetage la plus proche est ensuite alertée par télégraphie ou coursier.
Afin de prévenir les marins des risques de mauvais temps, le guetteur sémaphorique, sur la base de ses propres observations ou de télégrammes reçus de stations météo, est amené à hisser « les signaux de mauvais temps ».
A la fin du 19e siècle, les sémaphores, qui sont de véritables bureaux télégraphiques, sont le seul pont de communication de la côte entre la terre et les navires. A ce titre, ils sont spécialement chargés d’assurer :
– la diffusion de bulletins météorologiques périodiques à heures fixes et/ou à la demande des navires. Car depuis 1868, des stations météorologiques sont mises en place dans chaque arrondissement maritime ;
– la régulation du trafic maritime et de l’activité de pêche ;
– la surveillance du territoire.
En temps de guerre, cette dernière mission s’avère fondamentale. Elle s’organise essentiellement autour de deux points : la surveillance des activités dans la zone maritime attribuée (identification des navires et signalement des navires suspects) et la surveillance des approches des zones militaires.
2. les premiers signaux :
La manœuvre du sémaphore obéit à des règles détaillées dans le Livre des signaux. Le message est transmis en faisant prendre aux ailes et au disque les positions correspondantes aux signaux à transmettre, en commençant par l’aile supérieure. Réservé à l’origine aux communications entre les bâtiments militaires et les sémaphores, l’usage du télégraphe optique est rapidement étendu de façon simplifiée aux navires de commerce. Les bâtiments qui ne peuvent être équipés d’un sémaphore utilisent des pavillons pour communiquer avec la terre.
Les signaux de grande distance ont été créés pour remplacer les pavillons lorsque ceux ci ne sont plus visibles. Ils reposent sur la combinaison d’une sphère, d’une flamme et d’un pavillon d’une couleur différente.
Les signaux de sinistre consistent, eux, à hisser sur les mâts du code commercial, le pavillon indiquant qu’un sinistre vient de se produire et sa direction par rapport au sémaphore. Les secours peuvent être alertés par télégraphie, coursier puis plus tard par un coup de canon (qui prévient également les navires d’un danger).
3. Évolution des moyens de communication des sémaphores :
Dès 1895 et jusqu’à 1939 on assiste à la militarisation du personnel affecté dans les sémaphores et à des modifications matérielles importantes :
– les transmissions radioélectriques. Durant la 1ère guerre mondiale, les sémaphores sont équipés uniquement d’appareils télégraphiques avec fils, bien que les transmissions sans fil (TSF) aient été mises au point au Cap de la Hague en 1905. Le télégraphe électrique est utilisé pour les communications vers la terre et les autorités.
– les transmissions optiques. Les communications avec les bâtiments de commerce ne se font qu’avec le Code International. Il s’agit d’un langage assez complet et performant par pavillons pour l’expédition des dépêches des bâtiments à la mer, adopté dès 1865 par la France. Les communications avec les navires de guerre s’opèrent en utilisant les signaux de tactique navale et les signaux à bras.
– l‘appareil sémaphorique : quelques années avant la guerre, on assiste à l’abandon progressif de l’appareil sémaphorique comme moyen de transmission.
– le télégraphe optique lumineux : ce système, issu de l’application de l’alphabet morse aux signaux lumineux ne sera adopté par la France qu’après la 1ère guerre mondiale.
En plus de ces instruments de communication et d’observation optique, les sémaphores sont peu à peu dotés du matériel en usage dans les stations météorologiques (en dehors des baromètres et anémomètre qu’ils possédaient depuis longtemps). Le 10 avril 1914, un arrêté ministériel réglemente le fonctionnement des stations météorologiques installées dans les sémaphores.
4.Les guetteurs sémaphoriques
La nouvelle organisation du service confirme la militarisation des bâtiments et des personnels : la loi du 12 février 1897 les assimile à des marins vétérans et les guetteurs auxiliaires sont choisis parmi les marins des équipages de la Flotte effectuant leur service militaire. Les guetteurs électro-sémaphoriques sont gérés par le service du personnel militaire de la Flotte.
Jusqu’à la Seconde guerre mondiale, les missions des guetteurs évoluent en fonction des nouvelles technologies, au début de la guerre, les sémaphores relèvent du bureau des ports et côtes dans la 2e section de l’État major de la Marine.
LE SÉMAPHORE DU PILIER
Toutes les illustrations ci-dessous proviennent des fonds d’archives du Service Historique de la Défense de Vincennes.
Le début de la construction de fortifications en 1693 sous l’impulsion de Vauban, a probablement constitué le prélude à l’histoire sémaphorique du Pilier.
En effet, dès 1693, un mémoire pour un établissement de signaux sur toute l’étendue de la côte de Dunkerque à l’Espagne décrit la possibilité d’un système visuel en opposition au code sonore des coups de canons dont le vent en emporte le bruit, on y trouve le plan d’une potence rudimentaire.


Puis en 1694,un projet pour des signaux le long des côtes, par le moyen desquels on pourrait représenter tout ce qui se découvrirait à la mer,
un système élaboré de signaux à destination des militaires occupant les forts en bordure du littoral.


Le sémaphore (1888 – 1921)
1921 : arrêt du service du sémaphore
1930 : le mât sémaphorique est déposé

