
À la fin du XVIIe siècle, devant la multiplication des attaques des corsaires ennemis de Jersey et Guernesey contre les navires nantais, une tour à batterie est construite, dans le centre de l’îlot du Pilier, à partir de 1693. Achevée en 1715, elle contribue à assurer la sécurité et la défense du commerce maritime dans la baie de Bourgneuf et dans l’estuaire de la Loire, Nantes devenant le premier port d’armement du royaume.
Le fort (1693 – 1887) : Toutes les illustrations ci-dessous proviennent des fonds d’archives du Service Historique de la Défense de Vincennes.
1693 : le début de la construction de fortification sous l’impulsion de Vauban.
1695 : La construction de la batterie du Pilier sera interrompue , faute de budget. Cependant on trouve les traces des coûts d’entretien d’une garnison sur l’île dès 1706 :
mise en place de 6 pièces de canon de 12 livres … il faut placer les 6 pièces de canon le long de la côte qui regarde l’est près des 3 petits échouages… il faudra y établir 4 de ces canons et en laisser un à chacun des 2 échouages les plus éloignés jusqu’à ce que l’ouvrage soit achevé…

1708 : la recherche d’économies aboutit à la proposition de trois projets : une tour très similaire au projet de 1695, la tour remplacée par des bâtiments rectangulaires, et enfin un troisième projet mené par Robelin qui permettra la reprise des travaux en 1710.
Le 21 septembre 1708 : le très humble et très obéissant serviteur Robelin, envoie la copie de son troisième projet, établi à la suite de la visite de l’Ingénieur en chef Lefebure, en poste à Belle-Ile et s’étant rendu sur le Pilier.


1710 : installation pour travaux,

1713 : Colbert fait son rapport au Conseil d’État : les travaux de fortification sont presque achevés, mais il est besoin d’établir un fonds pour l’entretien de la garnison et la fourniture d’une chaloupe.

1715 : achèvement de la batterie fortifiée, répondant ainsi à la demande de M. de Pontchartrain auprès du Maréchal de Chateaurenault, de protéger l’entrée de la Loire des attaques de corsaires ennemis de Jersey et Guernesey.
Travaux achevés pour 28571 livres et un budget annuel d’entretien de 1200 livres.
1720 : Gérard Bélier, Maire de Nantes, encourage les travaux de restauration du fort ; il représente les armateurs de Nantes.
Protection du commerce négrier vers l’Afrique et St Domingue. Départ et arrivée des navires de Paimboeuf et Pornic, au cours du 18ème siècle, Nantes est le premier port négrier de France, 1470 navires sortent de la Loire et font le point devant le Pilier avant d’entamer leur navigation.
1736 : plan définitif du fort avec la provenance des matériaux

1736 :plan et affectation des installations
1747 : le naufrage du Maidstone, guerre navale franco britannique dans le cadre de la guerre de succession d’Autriche (1740-1748)
1755 : observations sur la situation du fort : lors de la dernière guerre, une garnison de 30 hommes avec 8 pièces de canon de 6, aujourd’hui : 4 pièces de canon de 4 et deux hommes fort âgés



1783 : armement 4 pièces d’artillerie de 18, et il pleut dans le corps de garde
1789 : fort en mauvais état, plus de garnison , seulement un gardien,
1802 : armement : … les bâtiments que renferme le fort dans le donjon de forme circulaire, peuvent recevoir 100 hommes de garnison, 25 meurtrières sont percées dans son pourtour….
1885 : le fort est définitivement déclassé par l’Armée, la partie centrale détruite en 1887 pour céder la place au sémaphore.
1915 : la Marine réarmera l’île avec la présence de 2 canons de 95mm à son extrémité (Uboot allemands)

