Faune de l’île du Pilier: des oiseaux de mer à protéger

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Goéland argenté
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Goéland brun
Huitrier Pie 1
Huîtrier pie
Cormorans Huppes 1
Cormoran huppé
tadorne de belon aurelien audevard
Tadorne de Belon

Une flore remarquable, également à protéger

Robert GUERY, Professeur agrégé de Sciences Naturelles, Membre du Conseil Scientifique des Espaces Naturels de Normandie, à propos de la flore de l’île du Pilier :

« L’îlot a hébergé et héberge peut-être encore, deux espèces remarquables :

Erodium Maritimum : c’est une annuelle dont les graines doivent trouver des espaces dégagés, ou peu densément peuplés pour y germer. Une fréquentation limitée, permettait, au moins jusqu’au début des années 2000, le maintien de tels milieux. Sur un sol enrichi par les fientes des oiseaux, une friche nitrophile se développe, étouffant tout autre forme de végétation, entraînant la disparition de l’Erodium.

Erodium maritimum Beniget 2010 05 15

Asplenium Marinum : miraculeusement retrouvée en 2000, dans une petite grotte, où cette petite fougère a été à l’abri du pétrole de l’Erika qui a anéanti le reste de la population. Les quelques pieds alors observés ont pu survivre et ont pu se multiplier à l’abri des apports azotés des excréments d’oiseaux.

Asplenium marinum aka 1
Armeria maritima 19 04 08 130
Armérie maritime, menacée par les déjections des goélands

Une flore plus commune

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Bette maritime

Très abondante sur l’île du Pilier, la criste marine est une plante halophyte (qui tolère le sel, comme la salicorne), de la famille des Apiacées (Ombellifères) comme le fenouil. Sur tous les littoraux atlantiques et méditerranéens, elle colonise les parois rocheuses des falaises.

Criste marime

Appelée « fenouil de mer », elle a une très vieille histoire comme plante médicinale et alimentaire. Ses autres noms rappellent sa capacité à insinuer ses racines dans les fissures de la roche : perce-pierre, casse-pierre, saxifrage marin (saxifrage signifie qui « casse la pierre »), herbe de Saint-Pierre par rapprochement sonore mais aussi à cause des clés de l’apôtre censées « ouvrir » les pierres pour y trouver des trésors cachés. Ce dernier surnom à été repris en Angleterre sous la forme « sampierre » qui a donné son nom actuel de « rock samphire ».

Venue du mot grec crithmé/crithmon, elle est évoquée dès l’antiquité par Hippocrate, Pline l’Ancien, Callimaque d’Alexandrie qui, dans un de ses poèmes, met en scène Hécate (assimilée à Artémis, déesse de la nature) offrant cette plante à Thésée, fils de Poséidon (dieu de la mer). Ses propriétés médicales comme vermifuge et diurétique étaient très appréciées. Contenant de la vitamine C, elle était embarquée par les marins pour lutter contre le scorbut. Son usage alimentaire apparaît dès cette époque : conservée dans la saumure, mangée crue ou cuite avec du chou, consommée en salade.

D’usage commun au XVIe siècle, Bernard Palissy (1510-1590) rapporte qu’elle est récoltée sur les « roches de Xaintonge » mais c’est surtout en Angleterre avec William Shakespeare (1564-1616), que la criste est devenue célèbre. Dans « Le roi Lear », il mentionne la vie dangereuse des cueilleurs de criste qui n’hésitent pas à escalader les falaises. Récoltée en mai avant la floraison, de Douvres à l’île de Wight, elle était expédiée sur le marché de Covent Garden à Londres, stockée dans des tonneaux de saumure.

John Gerard (1545-1612), botaniste anglais, proposait : « les feuilles se conservent en pickle et, mangées avec de l’huile et du vinaigre, font une excellente sauce pour la viande ».

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Lavatère maritime (floraison printanière)
Spergularia rubra 4
Spergulaire des rochers (floraison printanière)

Société pour la Conservation de l'Île du Pilier